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ROGER MUNTU : UN MODELE DE DETERMINATION ET DE PROFESSIONNALISME

Il est originaire de la République démocratique du Congo et Beaucoup le reconnaissent par sa voix, une voix familière a beaucoup d’Africains. Depuis Washington, il est le maître de cérémonie du RM Show sur Voice of America (VOA) qui vient de le décerner pour la troisième fois , une médaille d’or  pour son travail . Allons à sa découverte dans cet article de  NADIA RABBAA  datant de 2015  pour le compte du Magazine Le Point et mis à jour par notre rédaction.

Une émigration forcée

Roger Tshiondo Muntu, né le 10 février 1970, à Bukavu dans le Sud-Kivu en RDC. Son père est alors ministre de l’Énergie et des Mines au sein du gouvernement Mobutu. Le jeune homme grandit dans le luxe, entre villas protégées par des gardes du corps et voitures avec chauffeur. Fasciné par la politique, il se voit suivre le même chemin que son père et entame des études de droit à la faculté de Kinshasa. Lorsque son père est démis de ses fonctions pour avoir refusé d’accorder un accès au minerai du pays à des membres du gouvernement, sa vie bascule.

« Mon père a refusé de laisser les gens au pouvoir se servir dans les ressources naturelles du pays et ça lui a coûté son poste. C’est aussi ce qui a changé ma vie indirectement », explique Roger Muntu

Comme s’il lui en coûtait de se replonger dans ses souvenirs d’enfance. Passé dans l’opposition et voulant protéger sa famille, son père l’envoie le plus loin possible : les États-Unis.

Les premiers moments à New York pas évidents

Il atterrit à New York, sans parler un mot d’anglais, avec en poche un visa touristique et 5 000 dollars.

« Ça a été très dur. Je suis parti sans savoir quand j’allais revenir. Je l’ai fait pour rassurer mon père, pour qu’il se dise que son aîné ne risquait rien. J’ai débarqué, seul, dans un pays que je ne connaissais pas, où je n’avais jamais mis les pieds et dont je ne parlais pas la langue », explique le journaliste.

Il trouve à se loger dans un hôtel choisi un peu par hasard.

« Au début, j’étais perdu, je ne me nourrissais que de ce qu’il y avait dans les distributeurs. Il m’a fallu trois jours avant de réussir à me commander un plat chaud, à trouver les bons mots pour me faire comprendre. »

Une fois son argent épuisé, au bord du désespoir, il fait une rencontre qui lui sauve la vie.

« Je m’étais résolu à aller dormir dans la rue quand j’ai croisé un Africain qui parlait français. Je lui ai expliqué ma situation en lui indiquant que j’avais besoin de travailler. Il m’a donné une adresse où trouver d’autres Africains. »

Là, Roger Muntu trouve à se loger pour pas cher, mais il lui faut faire ses preuves pour se faire accepter :

« On ne voulait pas d’un fils de riche, on me disait que je ne saurais pas travailler, que je ferais mieux de rentrer chez moi. J’avais un billet retour, mais je refusais de rentrer, mon père avait assez de soucis comme ça au pays. Alors, je me suis accroché et on a fini par me faire confiance. »

Des petits boulots passés à arpenter les rues à distribuer des prospectus, de l’argent mis de côté, sa vie aux États-Unis devient plus naturelle. Avec une deuxième somme d’argent envoyé par son père Muntu s’inscrit à la New York University (NYU).

« C’était un an avant que mon père ne décède. Il est mort en étant fier de moi », dit-il avec une voix grave, bien loin de celle d’habitude joyeuse.

Une intégration réussie

À la mort de son père, une des connaissances de ce dernier le contacte et lui propose de l’héberger à Washington.

« J’ai pris tout ce que je possédais, je l’ai mis dans ma voiture et je suis parti sans me retourner. J’arrive dans la capitale et le monsieur en question ne peut plus m’héberger, à cause d’une visite de sa sœur arrivée de Belgique. »

Roger Muntu passe une semaine, en plein hiver américain, à dormir dans sa voiture, sans chauffage, avant que la chance ne lui sourie enfin. Elle va se matérialiser par une annonce dans un immeuble qui cherchait un concierge. Roger y va au culot et ça marche ! À l’américaine en somme.

« Je suis passé de concierge à mi-temps à concierge à plein temps à manager l’immeuble. C’était un immeuble de très haut standing dans lequel j’ai même eu un appartement de fonction. Je pouvais enfin respirer. L’intégration devenait plus facile. »

Son visa transformé en asile politique, Muntu a, entre-temps, fait les démarches pour obtenir la résidence permanente. Il reprend alors des études à Marymount University, où il rencontrera sa future femme. Il s’implique dans la vie de son quartier en entraînant les jeunes au basket et au foot.

« Un des parents d’élèves que je coachais en basket a vu que je parlais français. Le voilà donc qui me demande si je peux donner des cours particuliers à son fils. De fil en aiguille, il en parle autour de lui et l’école de son fils m’appelle pour que j’y enseigne le français, le latin et le sport. Me voilà quittant mon job de concierge pour enseigner à plein temps. »

De la conciergerie à l’enseignement

L’école lui laissant beaucoup de temps libre, il s’installe un petit studio chez lui et se met à produire des vidéos qu’il appelle le M2 Show.

« J’interviewais des Africains francophones en déplacement à Washington et petit à petit je suis devenu le correspondant de plusieurs chaînes africaines. »

Son studio grandit jusqu’à devenir  une vraie entreprise avec cinq employés. Il se fait vite repérer par VOA, qui lui propose d’animer sa propre émission de radio.

« Je n’avais jamais fait de radio en live, je n’étais pas entraîné. On m’a juste dit : Tu dois être à l’antenne à trois heures. C’est tout. »

Le RM Show était né. Depuis 2009, son émission a pris de l’ampleur au point de devenir l’émission la plus écoutée du service francophone de VOA.

« C’est une vraie émission de société. Au début, ce n’était qu’un programme musical, avec des dédicaces, etc. Mais je ne voulais pas que ce ne soit que « ça ». Je voulais faire une émission qui éduque. Donc, j’ai imposé des sujets socioculturels accessibles à tous. »

On y parle de fidélité, de filles qui ne vont pas à l’école, de foot, d’accès à l’eau ; en bref, de toutes les thématiques qui touchent les Africains.

« Ça a tellement bien marché que l’on m’a demandé de faire aussi de la télé. En 2011, je me suis mis à collaborer avec Jacques Aristide dans son émission Washington Forum. Et puis, il y a peu, on m’a proposé ma propre émission de télé que je vais démarrer à la fin du mois. »

Roger Muntu va en effet faire ses débuts dans l’émission Vous et Nous, une version cathodique du RM Show. Il la co-animera avec Anasthasie Tudieshe, journaliste très connue de ce côté-ci de l’Atlantique, comme animatrice d’Africa n° 1, mais aussi de Radio France Internationale, chroniqueuse sur Arte et… collaboratrice du Point Afrique.

A  47 ans maintenant et il est plus que jamais un exemple à suivre en matière de détermination mais aussi de professionnalisme dans le travail pour la jeunesse  particulièrement  celle de la R.D.Congo

« Je suis heureux, mais je suis passé par des périodes très difficiles. J’ai survécu grâce à ma foi et à mon éducation. »

Aujourd’hui , alors qu’il vient de décrocher pour la 3e fois consécutive  une médaille d’or pour son travail bien fait, son désir comme on peut le lire sur cette publication sur son instagram est Que le très haut continue à lui donner le souffle et le courage pour qu’il puisse continuer à faire ce qu’il aime faire.

La Vidéo de la remise de sa 3e médaille d’or.


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