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DIASPORA EXPRESS : ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC NZAU LEMBE, L’EX ETUDIANT EN MULTIMEDIAS QUI EXCELLE DANS LA GASTRONOMIE.

Dernier d’une famille de 5 enfants, Christian Nzau Lembe est un jeune cuisinier, écrivain et musicien congolais  né  à Kinshasa  où il a obtenu son diplôme d’Etat en pédagogie générale au complexe scolaire « la gazelle »  avant d’obtenir  le titre de gradué en communications sociales  à l’université catholique du Congo.

Et ce justement après l’obtention de ce titre qu’il va se retrouver face à une réalité qui changera à jamais le cours de sa vie : sa famille va lui demander d’aller poursuivre ses études en Europe.

« Je n’ai jamais ressenti le besoin de partir, cela venait de la Famille. En effet depuis les années 80,  il s’est  installé dans les familles congolaises,  le désir d’avoir nécessairement  un membre  en Europe quel qu’en soit le motif. D’où le choix a été  porté sur moi  par la voie des études. »

Mécontent au début, vu qu’il œuvrait déjà dans le monde professionnel  à Kinshasa, il finira  tout de même par accepter  cette décision et débarquera ainsi en Belgique le 22 octobre 2002.

« Quelque part,  j’ai un petit regret d’être  parti,  car cela a provoqué  une certaine rupture avec le pays : en effet j’ai toujours eu l’idéal d’un environnement  responsable où  il fait également beau vivre, et quand je reviens et que je me rends compte que les choses ne se sont pas développées comme dans mes rêves,  je ressens de la culpabilité en tant que congolais de l’étranger ; En me disant que si j’étais resté ici  les choses allaient être  meilleure, même un tout petit peu. »

« Arrivé en Europe, mes premiers mois furent très  difficiles : déjà il y avait le dépaysement,  je n’avais que 22 ans  mais je me retrouvais au milieu des jeunes moins âgés  que moi et pour qui  j’ai eu  à faire rapidement office d’ainé.  En outre, il y a ce fait que je  devais  vivre dans un environnement  qui ne m’attendait pas : Quand  on vient en Europe, elle ne vous attend pas, tout est fait de  manière à vous  pousser à vous demander pourquoi  vous vous êtes rendu en Europe au lieu de rester dans votre patrie. Tout ça m’a  pris envions 6 ans pour m’adapter jusqu’à avoir une situation enviable (une vie descente) »

Malgré les différentes difficultés auxquelles il a eu à faire face, Christian NZAU reconnait à la Belgique  certains mérites qu’il aimerait bien retrouver dans son pays, la R.D. CONGO

« Ce qui m’a le plus plu en Europe c’est l’accès à la connaissance : Tout le monde peut accéder à la connaissance de son choix (avec la gratuité  voir l’accès facile des plusieurs services que ce soit les études, et les livres et même certains journaux) bref tout est fait pour qu’il n’ait pas des analphabètes. 

En outre il faut savoir qu’au Congo la vie  est trop communautaire avec des stéréotypes du genre moi je suis le fils de…. Je connais tel…Alors que  là bas on est seul face aux lois, face à l’état et cela renforce la responsabilité de chacun permettant ainsi de former le caractère. »

C’est  justement cet individualisme de l’Europe le mettant face à ses responsabilités qui va le conduire à s’intéresser au domaine gastronomique alors qu’il était étudiant  en multimédias.

« 3 ans après mon arrivé en Europe,   pour pouvoir payer mes études,   je me suis retrouvé plongeurs (celui qui fait la vaisselle dans les  restaurants)  et de là je me suis intéressé à la cuisine.  Ainsi fait,  le soir après le cours, quand mes collègues de l’université  renforçaient  leurs  connaissances  en multimédias,  moi j’ai renforçais  les miennes  en gastronomie.

Mes études de multimédias  finies, j’ai été engagé comme webmaster dans un grand groupe de cinéma  mais au moment où je voulais m’y consacrer, j’ai été emporté par  le crache boursier de 2008 en perdant cet emploi.

Après  plusieurs réflexions, j’ai décidé de retourner  en cuisine non pas par défaut mais par intelligence me disant que  quelque soit l’état de la crise, les gens continuerons toujours  à manger.

C’est ainsi qu’en 2008 je me suis consacré à la cuisine qui m’a permis d’avoir mes papiers  et  de créer  un foyer bref c’est grâce à elle que je vis : c’est mon métier !!! »


Pour  ce qui est de La musique, Christian  NZAU  la  vit comme  une passion  qu’il est allé  au-delà d’écouter simplement mais  qu’il pratique aujourd’hui. Et c’est cela qui l’a poussé à sortir un album sur le marché dénommé : NZELA EZA MOLAYI ; et actuellement il  travaille sur un 2e album qui sera consacré à la rumba congolaise et au slam.

Le jeune étudiant en multimédias devenu  aujourd’hui cuisinier  s’avère être également un amoureux de la littérature car son histoire  avec la littérature  date bien de longtemps avec sa  participation en  1998  au concours  « entre les bras du fleuve » organisé par le centre Wallonie-Bruxelles  mais également aux prix de 5 continents  organisé par l’organisation internationale  de la francophonie.

« Je trouve toujours quelque chose à ajouter dans mes textes même lorsque je pense avoir fini. Mais ce qui est sûr c’est la sortie d’un roman l’an prochain (2018). »

Toujours en littérature, Christian NZAU LEMBE a initié un mouvement, avec l’une de ses grandes amies Missy BANGALA, qui réunit plusieurs personnes autour des œuvres littéraires  Pour faire la promotion de la littérature en RDC dénommé le Café Littéraire de Missy.

Et c’est également avec cette volonté qu’il initie actuellement  un projet appelé MUNDIMBE (un illustre auteur congolais) Dans ce projet,  Il s’agit de boites à livres  qui seront accrochées dans divers lieux  à Kinshasa (école, centre de santé …)  sous forme de bibliothèques itinérantes  pour que les jeunes qui veulent lire puissent avoir l’occasion de le faire librement et gratuitement. Afin de promouvoir la lecture car c’est à travers elle que passe l’instruction.

« De même que je vois aujourd’hui les jeunes partager avec passion l’évangile, de même j’aimerais les voir partager la littérature que ce soit un roman, un essaie ou autre… Ainsi au lieu de kobinisa loketo ,toko binisa bongo ; po été mboka ezwa mosolo, bongO ndE toko koma na mbongo* »

*En Français : Au lieu de danser avec la hanche, nous allons danser avec la tête (donc réfléchir) afin de générer des richesses au pays alors  seulement nous même seront riches.

Aujourd’hui ce digne fils du pays, promet de revenir  vite dans sa terre natale  pour  s’installer et consolider ses multiples  projets entre autre la création d’un centre de formation en  hôtellerie.

« Je n’interdis à personne d’aller en Europe  mais s’ils  y vont parce que les gens y vont : fausse route, s’ils y vont parce que ici l’éducation n’est pas comme eux ils la souhaitent : fausse route.  Il faut aller en Europe pour renforcer ses connaissances et revenir pour contribuer au développement de son pays.

Celui qui veut aller en Europe pour s’installer définitivement, tempi pour  lui car il faudra appendre à vivre là bas : c’est tout une autre vie qui n’est  pas toujours évidente.

Et Ceux qui sont Europe et qui ont acquis une expertise doivent revenir pour apprendre aux autres non pas  en maitre absolu mais également  pour appendre d’eux vu qu’on ne cesse véritablement d’apprendre. »

Ainsi en lisant  ses propos, que ce soit ceux qui sont à l’étranger ou ceux restés  au pays,  tous pouvons tirer  nos parts afin de revoir notre conception de l’Europe voir même celle de la vie au pays qui parfois  tend à être erronée.


Entretien réalisé par Esaie MPOLO, Jeune entrepreneur et responsable de l’espace médiatique Jeunesse 243

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